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Accueil du site > Thèmes de recherche > Fabrication et diffusion des produits de l’industrie verrière

Fin du Moyen Âge et époque moderne

Fin du Moyen Âge et époque moderne

Entre le Moyen Âge et l’époque moderne, l’industrie verrière se développe en Europe occidentale selon différents schémas. Les zones situées sur le littoral méditerranéen sont caractérisées par la production de verres sodiques élaborés à partir de cendres de plantes (de type salicorne), tandis que dans celles situées plus au nord se développe la production des verres calco-potassiques fabriqués à partir de cendres de plantes forestières (fougère, chêne…).

Afin d’étudier les mutations de cet artisanat, les études effectuées concernent à la fois des ateliers du sud de la France ayant fonctionné entre le XIIIe et le XIXe siècle, et des sites de consommation. Les résultats obtenus permettent de suivre l’évolution de la fabrication du verre au cours de cette période : ils mettent en évidence l’apparition de procédés originaux comme les verres de basaltes. Ces productions sont attribuées à J. A. Chaptal, chimiste à l’Académie Royale des Sciences de Montpellier au cours de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Chaptal avait sollicité quelques verriers du Languedoc dans le dessein qu’ils fondent et soufflent des bouteilles en verres noirs à base de basalte « façon d’Angleterre » qui présentaient l’intérêt d’être beaucoup plus résistants lors des transports.

Les travaux effectués concernent aussi des productions plus originales, comme par exemple celles de Bernard Perrot (verrier orléanais de la seconde moitié su XVIIe s. originaire d’Altare en Italie). Cette étude, menée en partie avec I. Biron, a montré combien Perrot était un verrier inventif et novateur par ses recettes, comme par exemple, celle des verres rouges translucides à l’or contenant de l’arsenic, qui ne se trouvera mentionnée dans des écrits vénitiens qu’au début du XVIIIe siècle, et qui était semble-t-il inconnue jusqu’alors dans des objets à travers l’analyse chimique. De même, les analyses effectuées sur les vitraux de la rose du transept sud de la Cathédrale Sainte-Croix d’Orléans mettent en évidence la fabrication par Bernard Perrot de verres de cristal au plomb, pratiquement en même temps que leur production officielle attestée en 1674 en Angleterre, et un siècle avant l’introduction officielle de ce type de verre en France par la cristallerie de Saint Louis.

L’étude de la production des bouteilles en verre entre le XVIIIe et le XIXe siècle s’inscrit aussi dans ce thème. Elle a été initiée, dans le cadre d’une collaboration avec L. Serra et I. Commendré, à partir des bouteilles et autres contenants retrouvés dans des épaves fluviales et maritimes du sud de la France (épaves de Carro, Etang de Thau, Lucques, Amphitrite, Prophète Elie, Pointe Riche). Elle a depuis été étendue aux bouteilles produites dans le nord de l’Europe, en collaboration avec T. De Putter (Belgique). Les résultats obtenus montrent l’emploi de recettes spécifiques pour la fabrication des bouteilles, comme l’indique Berthier dès le début du XIXe siècle dans son traité de chimie.

On mentionnera enfin ici les travaux menés en collaboration avec E. Crubézi, M. Petit, A. Riols et L. Dussubieux, qui concernent la circulation des « trades beads » retrouvées en Yakoutie et dans la zone pacifique aux XVIIIe et XIXe siècles. Cette étude fait suite aux premiers travaux effectués avec F. Valentin sur des perles en verre européennes retrouvées dans des tombes des Iles Fidji.