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Provenance et circulation des matériaux lithiques

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De par leurs caractéristiques géochimiques, certains matériaux lithiques se prêtent mieux que d’autres aux études de provenance. Les recherches menées à l’IRAMAT-CEB portent principalement sur l’obsidienne et les roches noires. Les techniques les plus utilisées pour ces études sont la LA-ICP-MS et la fluorescence X.

La méthode LA-ICP-MS s’est par ailleurs révélée indispensable et particulièrement performante pour l’étude des inclusions d’obsidienne utilisées comme dégraissant dans les céramiques du Caucase.

  • L’obsidienne

Les programmes de recherche développés autour de la caractérisation et de la diffusion de l’obsidienne concernent principalement trois grandes zones géographiques :
- l’Europe et le Bassin méditerranéen occidental,
- le Proche-Orient et le Caucase,
- la Péninsule arabique et la corne de l’Afrique.
Des travaux occasionnels ont aussi été menés en Amérique centrale.

Les périodes concernées vont du Paléolithique à l’âge du Bronze. Ces études sont conduites en collaboration avec des équipes de recherche françaises (Archéorient, ArScAn, CEPAM, Proche-Orient-Caucase : langues, archéologie, cultures, Universités d’Aix-en-Provence, de Lyon 2, de Paris X) ou étrangères (Universités de Barcelone, de Chicago, d’Edimbourg et de Venise), dans le cadre de simples collaborations ou de programmes nationaux ou internationaux (ETICALP, Mission de Préhistoire Anatolienne, programmes MAE, VAPOR, Dhamar Survey Project, ANR Ancient Kura et GeObs).

En ce qui concerne l’Europe et la Méditerranée occidentale, les travaux portent sur l’approvisionnement des sites de la France méridionale entre les VIe et IIIe millénaires av. notre ère. La découverte du site de Trets (Bouches-du-Rhône), en 2005, a bouleversé nos connaissances et nos hypothèses concernant la diffusion de l’obsidienne en Méditerranée nord-occidentale. Une synthèse des travaux sur la Méditerranée occidentale a été publiée en 2012 avec D. Binder et J. Vaquer. On notera aussi les travaux de caractérisation de l’outillage en obsidienne retrouvé sur des sites espagnols et roumains, effectués en collaboration avec le Musée de Gavà, l’Université de Barcelone et l’Université de Venise.

Les études sur le Proche-Orient et le Caucase concernent plus d’une trentaine de sites, datés du néolithique à l’âge du Bronze, ainsi que la caractérisation de la quasi-totalité des sources d’obsidiennes arméniennes et géorgiennes. Pour l’Arménie et l’Azerbaïdjan, (projet ANR-DFG Ancient Kura), les résultats obtenus montrent qu’une partie de la diffusion de l’obsidienne s’organise autour des voies de migration saisonnière qui ont persisté du néolithique à nos jours. Une synthèse de ces recherches a été publiée en 2013 avec Chr. Chataigner (Archéorient, Lyon).

Pour la péninsule arabique, nos résultats apportent un éclairage très important sur la gestion des sources d’obsidiennes des hauts plateaux du Yémen par les populations locales. Ils mettent en évidence les zones d’influence de ces populations, plutôt tournées vers l’est et le centre de la péninsule et un peu à l’ouest vers le piémont du plateau, tandis que celles de la plaine côtière sont plutôt tournées vers la mer Rouge et l’Afrique. Ces travaux sont menés en collaboration avec L. Khalidi (Archéorient, Lyon).

  • Lignites et schistes noirs de l’âge du Fer

Dans le cadre de la thèse d’A. Baron (Université de Strasbourg) une collaboration a été mise en place avec l’UMR 6566 (Rennes). Nous avons ainsi développé un protocole d’analyse des schistes noirs utilisés pour fabriquer des objets de parure à l’âge du Fer. L’appellation « schistes noirs » recouvre en fait un éventail de roches noires très diverses, allant des schistes argileux au jais en passant par la stéatite, les phosphorites, les schistes charbonneux et des roches carbonatées. Grâce à la mise en place d’un référentiel géologique, la provenance et la diffusion de près de 200 objets archéologiques fabriqués avec ces matériaux au cours de l’âge du Fer ont été étudiées. Ceci a permis l’identification et la discrimination des roches utilisées et, dans un certain nombre de cas, de retracer les réseaux d’échange de ces matériaux.