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Numismatique grecque

La numismatique grecque figure dans les thèmes de recherche de l’IRAMAT-CEB depuis sa création, en 1980. Les études sont notamment rendues possibles par la proximité du fonds des monnaies grecques de la Bibliothèque nationale de France, un des plus importants au monde (environ 120 000 monnaies). Au cours de ces années, des équipes pluridisciplinaires (physiciens, chimistes, numismates, archéologues, historiens) ont engagé des travaux sur des monnayages d’or, d’argent et de bronze couvrant un large spectre chronologique et géographique.

Les études concernant l’or grec apparaissent au premier rang tant au regard du nombre d’analyses réalisées que de l’importance des résultats obtenus. De multiples programmes ont été menés sur un très grand nombre de séries monétaires depuis les premiers monnayages d’électrum (VIIe siècle av. n. è.) jusqu’aux émissions hellénistiques du pourtour méditerranéen (fin du IVe siècle – Ier siècle av. n. è.), en passant par les importantes séries d’Alexandre. L’identification des stocks métalliques utilisés permet notamment l’élaboration de cartes des flux métalliques établies autant sur la base des résultats des analyses élémentaires que sur les études numismatiques et historiques. Ces analyses mettent aussi en évidence les différents usages de ce métal que les grecs tant du point de vue des pratiques que des modes de transferts (paiement de soldes, commerce, spoliation lors de conquêtes…).

Les premières études de monnayages grecs en argent datent d’avant même la création de l’unité (c’est le cas pour les monnaies de Marseille). Malgré cela, une attention moindre a longtemps été portée à ce métal. Des analyses ponctuelles ont été pratiquées à l’occasion de la préparation d’articles ou de thèses de doctorat avec des problématiques propres à chacune de ces études. C’est ainsi que plusieurs séries monétaires du monde égéen ont été analysées partiellement ou en totalité (Elis, Béotie, Egine, Athènes, Rhodes). A ce jour, seul le monnayage lagide bénéficie d’un nombre conséquent d’analyses couvrant le règne des Ptolémées sur l’Égypte et ses dépendances (Syrie-Phénicie, Chypre) de la fin du IVe siècle au début du Ier siècle av. n. è. L’usage extrêmement répandu de l’argent sous forme monétaire dans le monde grec rend actuellement difficile l’élaboration de vues d’ensemble à l’image du travail accompli sur l’or. Le développement récent de méthodes d’analyses plus rapides associé à l’engagement de plusieurs membres du laboratoire dans ces travaux devrait combler en partie cette lacune à moyen terme.

Les monnaies de bronze ont été étudiées à l’aide d’analyses par ANRC. Cette méthode particulièrement pertinente dans le cas des alliages cuivreux offre la possibilité de quantifier de façon strictement non destructive les éléments majeurs, signes des changements de séries monétaires et des méthodes de fabrication, mais aussi les éléments traces qui donnent des indications sur la provenance des métaux, comme pour le cuivre de Chypre utilisé par les Ptolémées. De grandes séries ont d’ores et déjà été analysées, pour la Sicile, la Grèce du nord, Milet et l’Egypte, mais c’est sans doute les monnaies de Marseille qui fournissent l’exemple le plus complet d’analyses effectuées sur le bronze (voir Barrandon, Picard 2007).