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Accueil du site > Thèmes de recherche > Pigments et colorants anciens

Manuscrits médiévaux de l’occident latin

Nos études produisent un regard nouveau sur ces œuvres artistiques, comme en attestent les résultats déjà recueillis, qui nous encouragent à poursuivre en ce sens. Pour exemple, nous avons analysé les peintures de différents maîtres enlumineurs dans un même ouvrage du XVe siècle : le Bréviaire de Châteauroux. Les mesures ont révélé qu’ils avaient conjointement utilisé des laques de brésil, alors que l’usage de ce colorant était généralement méconnu et non attesté. La diversité des résultats obtenus à partir de ces mêmes matériaux ont également permis de comprendre et d’apprécier les techniques et savoirs-faire de chaque maître d’une façon novatrice.

L’emploi de certains matériaux peut également modifier nos connaissances sur les échanges commerciaux entre le lieu de production du pigment et le lieu de fabrication du manuscrit. Par exemple, les recherches sur les ouvrages issus de l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire (située près d’Orléans) attestent de l’emploi courant de lapis-lazuli au Xe siècle, contredisant l’opinion communément admise que ce pigment précieux et cher était réservé aux usages plus luxueux.

De même la mise en évidence d’un savoir-faire relatif à un lieu de production ou à une école peut aussi remettre en question l’état des connaissances historiques. Nos analyses ont permis de découvrir du bleu égyptien dans un ouvrage carolingien de renom : l’évangéliaire de Charlemagne (BnF Nal1203) et une enluminure pleine page de représentation hautement symbolique (f3v). Elles ont aussi permis de le découvrir dans deux autres ouvrages du Xe siècle produits en Angleterre du sud. L’utilisation de ce matériau a été une révélation. Dans le premier cas, cela a pointé la rareté d’emploi de ce tout premier pigment synthétique par les artistes de la cour de Charlemagne. Dans le second (cas), cela nous a considérablement surpris car l’idée commune était la disparition de ce pigment après le IXe siècle.

Les investigations actuellement menées sur cet axe de recherche concernent la production de manuscrits enluminés de l’occident chrétien :
- celle du XIIe siècle pour les comtes de Champagne, dont les ouvrages sont actuellement conservés à Troyes

- celle issue de l’abbaye de Fleury, pour la période du VIIIe au XIIIe siècle, cette recherche s’achèvera par une mise en ligne des analyses.
Le but recherché étant de mieux connaître les pratiques et outils de ces différentes abbayes et lieux de productions et de les comparer. Un nouveau projet concernera l’étude de manuscrits produits dans le Val de Loire à la même période et notamment ceux d’Angers.

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